Au micro-BA, la MSA calcule vos cotisations sur votre bénéfice imposable : la moyenne de vos recettes des trois dernières années, abattue de 87 %. Sur une ferme qui encaisse 75 000 € par an, l'assiette sociale est donc de 9 750 €, et le total des cotisations et contributions 2026 avoisine 3 800 €. Le poids réel vient moins des taux que des cotisations minimales, dues même à revenu faible ou nul. Voici le calcul branche par branche, puis trois simulations complètes.
En bref
- L'assiette sociale au micro-BA est l'assiette fiscale : 13 % de la moyenne triennale de vos recettes. La réforme 2026 de l'assiette ne la modifie pas.
- La cotisation maladie AMEXA est devenue quasi nulle pour les exploitants au micro-BA : son taux est de 0 % jusqu'à 9 612 € d'assiette.
- La retraite pèse le plus lourd : 17,15 % d'assiette plafonnée, plus la RCO à 4 % avec une assiette minimale incompressible d'environ 875 €.
- Les nouveaux installés cotisent d'abord sur une assiette forfaitaire, et l'exonération jeune agriculteur réduit la note de 65 % à 15 % pendant cinq ans.
Sur quelle assiette la MSA calcule au micro-BA
L'assiette de vos cotisations sociales est votre bénéfice micro-BA : la moyenne de vos recettes hors taxes des trois dernières années, diminuée de l'abattement forfaitaire de 87 %. Vos cotisations 2026 sont donc assises sur 13 % de la moyenne de vos recettes 2023, 2024 et 2025. Avec 60 000 € de recettes moyennes, l'assiette est de 7 800 €. Le plafond du régime étant de 129 200 € de recettes (voir le seuil micro-BA 2026), l'assiette sociale d'un exploitant au micro-BA ne peut jamais dépasser 16 796 €.
Depuis le 1er janvier 2026, la réforme de l'assiette sociale a changé le calcul pour les exploitants au régime réel : leur assiette part désormais du revenu avant cotisations, avec un abattement de 26 %. Les exploitants au micro-BA ne sont pas concernés par ce recalcul : leur assiette reste l'assiette fiscale, l'abattement de 87 % tenant lieu de tout. La réforme les touche indirectement, par le nouveau barème des taux qui l'accompagne, en particulier celui de la cotisation maladie.
Ces règles concernent le chef d'exploitation affilié à ce titre : celui qui atteint la SMA, la surface minimale d'assujettissement de son département, ou l'équivalent en temps de travail. En dessous de ces seuils, le statut de cotisant solidaire relève d'un barème différent, qui n'est pas traité ici.
Les branches de cotisation, une par une
Le barème 2026 s'applique sur l'assiette définie ci-dessus. Les taux qui suivent sont ceux d'un chef d'exploitation à titre exclusif ou principal, publiés dans le barème des cotisations de la MSA.
| Branche | Ce qu'elle couvre | Taux ou montant 2026 |
|---|---|---|
| AMEXA | Maladie et maternité | 0 % jusqu'à 9 612 €, puis taux progressif |
| IJ AMEXA | Indemnités journalières | 250 € (forfait) |
| Invalidité | Pension d'invalidité | cotisation dédiée, selon barème MSA |
| Retraite de base plafonnée | Ex-AVA plafonnée | 17,15 % |
| Retraite de base déplafonnée | Ex-AVA déplafonnée et AVI | 0,72 % |
| RCO | Retraite complémentaire obligatoire | 4 % |
| CSG et CRDS | Contributions sociales | 9,2 % + 0,5 % |
| ATEXA | Accidents du travail | forfait selon l'activité |
Trois points méritent d'être soulignés.
L'AMEXA est devenue marginale au micro-BA. Le barème 2026 rend la cotisation maladie nulle jusqu'à 9 612 € d'assiette (20 % du plafond de la Sécurité sociale, fixé à 48 060 € en 2026), puis très faiblement progressive. Comme l'assiette d'un exploitant au micro-BA ne peut pas dépasser 16 796 €, l'AMEXA d'un micro-BA reste dans tous les cas inférieure à 200 € par an.
La retraite concentre l'essentiel de la cotisation proportionnelle. 17,15 % d'assiette plafonnée et 0,72 % déplafonnée pour la retraite de base (ce que les anciens barèmes appelaient AVA et AVI), plus 4 % de RCO. « Plafonnée » signifie que l'assiette est limitée au plafond de la Sécurité sociale : sans incidence au micro-BA, dont l'assiette reste toujours très en dessous. À faible assiette, cotiser à la retraite n'est pas une perte : ces versements ouvrent des trimestres et des points, et c'est précisément pour garantir un minimum de droits que le législateur a prévu des planchers de cotisation.
La CSG-CRDS s'ajoute à taux plein. 9,7 % au total, sur la même assiette. Ce n'est pas une cotisation : elle n'ouvre aucun droit, mais elle est due dès le premier euro d'assiette.
L'ATEXA couvre les accidents du travail et les maladies professionnelles. Elle est obligatoire et forfaitaire : son montant dépend de la catégorie de risque de votre activité et de votre statut, et il est fixé chaque année par arrêté. Il figure en clair sur votre appel de cotisations.
Les cotisations minimales, même à revenu nul
Trois prélèvements ne descendent jamais en dessous d'un plancher, quel que soit votre revenu :
- la RCO est calculée au minimum sur une assiette de 1 820 SMIC horaires, soit 21 876 € en 2026 (SMIC à 12,02 € au 1er janvier). La cotisation minimale s'établit donc à environ 875 € par an. Comme l'assiette maximale du micro-BA (16 796 €) reste sous ce plancher, tout exploitant au micro-BA paie la RCO minimale ;
- les indemnités journalières AMEXA sont un forfait de 250 € par an ;
- l'ATEXA est un forfait annuel qui dépend de l'activité et du statut, fixé chaque année par arrêté.
Ces minimales expliquent pourquoi la facture MSA ne tombe jamais à zéro, même une mauvaise année. Elles expliquent aussi pourquoi le taux de prélèvement apparent est plus élevé sur les petites recettes : les forfaits pèsent proportionnellement plus lourd.
Les années d'installation et l'exonération jeune agriculteur
La première année, la MSA ne connaît pas encore vos revenus : elle appelle les cotisations sur une assiette forfaitaire provisoire, fixée à 600 SMIC horaires (7 212 € en 2026) pour la plupart des branches et à 1 820 SMIC pour la RCO. Quand vos revenus réels sont connus, les cotisations sont régularisées : la deuxième année combine encore le forfait et vos premiers revenus, et la moyenne triennale complète ne s'installe qu'à partir de la troisième année. Prévoyez ce décalage dans votre trésorerie : une bonne première année de recettes se paie en cotisations un à deux ans plus tard.
S'y ajoute, si vous avez entre 18 et 40 ans à la date d'affiliation, l'exonération jeune agriculteur : une réduction partielle et dégressive des cotisations pendant cinq ans.
| Année | Taux d'exonération | Plafond annuel |
|---|---|---|
| 1re | 65 % | 4 089 € |
| 2e | 55 % | 3 460 € |
| 3e | 35 % | 2 202 € |
| 4e | 25 % | 1 573 € |
| 5e | 15 % | 944 € |
L'exonération porte sur l'AMEXA, l'invalidité, la retraite de base et les prestations familiales. Elle ne couvre ni la RCO, ni l'ATEXA, ni la CSG-CRDS : même exonéré, un jeune installé paie donc la RCO minimale et les forfaits.
Moyenne triennale ou année N : quelle option choisir
Par défaut, l'assiette est la moyenne triennale. Sur option, vous pouvez demander à cotiser chaque année sur le seul revenu de la dernière année connue : c'est l'option année N. La moyenne triennale lisse les à-coups : une très bonne année n'augmente les cotisations que d'un tiers de son effet, mais une mauvaise année met aussi trois ans à produire tout son effet à la baisse.
L'option pour l'assiette annuelle a du sens dans deux situations : des recettes en baisse durable, où la triennale vous fait cotiser longtemps sur un passé meilleur que le présent, et les premières années, où elle colle mieux à la montée en charge. Un exemple : une ferme passée de 90 000 € de recettes à 50 000 € après l'arrêt d'un marché cotise, en triennale, sur une moyenne qui intègre encore deux bonnes années ; avec l'assiette annuelle, elle cotise tout de suite sur la réalité de ses 50 000 €. À l'inverse, si les recettes remontent, l'option se retourne contre vous.
C'est un engagement pluriannuel, à ne pas prendre sur le résultat d'une seule année : la mécanique est la même que pour l'option fiscale décrite dans le comparatif micro-BA ou réel.
Exemples chiffrés sur trois niveaux de recettes
Trois fermes au micro-BA, cotisations 2026 d'un chef d'exploitation à titre principal, installé depuis plus de cinq ans, sans exonération. Les montants sont arrondis à l'euro ; l'ATEXA et l'invalidité, forfaits ou barèmes qui dépendent de l'activité, ne sont pas inclus.
| Recettes moy. 30 000 € | Recettes moy. 75 000 € | Recettes moy. 120 000 € | |
|---|---|---|---|
| Assiette (13 %) | 3 900 € | 9 750 € | 15 600 € |
| AMEXA | 0 € | 2 € | 146 € |
| IJ AMEXA (forfait) | 250 € | 250 € | 250 € |
| Retraite de base plafonnée (17,15 %) | 669 € | 1 672 € | 2 675 € |
| Retraite de base déplafonnée (0,72 %) | 28 € | 70 € | 112 € |
| RCO (minimale : 875 €) | 875 € | 875 € | 875 € |
| CSG-CRDS (9,7 %) | 378 € | 946 € | 1 513 € |
| Total (hors ATEXA et invalidité) | 2 200 € | 3 815 € | 5 571 € |
La lecture est nette : la ferme à 30 000 € de recettes consacre 7,3 % de ses recettes aux cotisations, celle à 120 000 € seulement 4,6 %. Les minimales et forfaits (1 125 € dans les trois cas) sont la vraie constante ; la partie proportionnelle est dominée par la retraite.
Pour l'AMEXA, le barème étant progressif entre 9 612 € et 19 224 € d'assiette, le montant est estimé par interpolation entre les bornes du barème publié par la MSA : à ces niveaux d'assiette, il reste de toute façon marginal.
Ces simulations donnent l'ordre de grandeur, pas votre appel de cotisations : l'ATEXA et l'invalidité s'y ajoutent, et votre situation (statut, exonérations, option d'assiette) peut modifier chaque ligne. Le montant qui fait foi est celui de votre appel MSA.
Ces montants se provisionnent : sur la ferme à 75 000 € de recettes, la MSA représente environ 320 € par mois à mettre de côté. La moyenne triennale de recettes qui sert de base au calcul est exactement celle que produit le livre de recettes du micro-BA tenu à jour : c'est le même chiffre qui sert au fisc et à la MSA.



