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Fiscalité

Micro-BA 2026 : seuil, abattement, calcul

Le micro-BA s'applique jusqu'à 129 200 € de recettes moyennes sur trois ans, avec un abattement forfaitaire de 87 %. Seuils 2026, calcul du bénéfice pas à pas, GAEC, MSA et bascule au réel.

La rédaction Polen··⏱️ 15 min de lectureLinkedInXWhatsApp
Trois bocaux de pièces sur une table de ferme, entre un cahier et des cagettes de légumes

Le régime micro-BA s'applique en 2026 aux exploitants agricoles dont la moyenne des recettes hors taxes des trois dernières années ne dépasse pas 129 200 €. Le bénéfice imposable se calcule sans comptabilité complète : la moyenne triennale de vos recettes, diminuée d'un abattement forfaitaire de 87 %. Vous n'êtes donc imposé que sur 13 % de vos recettes, sans justifier la moindre charge, avec des obligations réduites à un livre des recettes encaissées et à quelques lignes sur la déclaration 2042-C-PRO.

À retenir

En bref

  • Le seuil du micro-BA est fixé à 129 200 € de recettes moyennes sur trois ans, pour les années 2026 à 2028.
  • Le bénéfice imposable est égal à la moyenne triennale des recettes diminuée d'un abattement de 87 %, qui ne peut pas être inférieur à 305 €.
  • Les obligations se limitent au détail journalier des recettes, aux factures et au report des recettes sur la 2042-C-PRO.
  • En cas de dépassement, le régime réel s'applique à compter de la première année qui suit la période triennale de référence.

Ce qu'est le micro-BA

Le micro-bénéfice agricole, ou micro-BA, est le régime d'imposition simplifié des bénéfices agricoles. Il a remplacé le forfait agricole au 1er janvier 2016 et repose sur un principe unique, posé par l'article 64 bis du CGI : l'administration renonce à examiner vos charges réelles et les remplace par un abattement forfaitaire de 87 % appliqué à vos recettes.

Ce forfait a deux conséquences très concrètes. La première : pas de bilan, pas de compte de résultat, pas de liasse fiscale. Vous tenez un relevé journalier de vos recettes, vous conservez vos factures, et la déclaration annuelle se résume à reporter trois montants. La seconde : le régime reste avantageux tant que vos charges réelles sont inférieures à 87 % de vos recettes. Quand elles dépassent durablement ce forfait, le régime réel devient plus intéressant : c'est l'objet du comparatif en fin d'article.

En pratique, le micro-BA est le régime naturel des fermes en vente directe : maraîchage diversifié, petits fruits, œufs, miel, paniers et marchés. Une activité à forte valeur ajoutée sur petite surface tient facilement sous le seuil, et la simplicité administrative libère du temps qui ne se rattrape nulle part ailleurs.

Qui peut en bénéficier

Le micro-BA s'adresse aux exploitants dont la moyenne des recettes hors taxes des trois années civiles précédentes ne dépasse pas 129 200 €. Pour savoir si vous en relevez en 2026, additionnez vos recettes 2023, 2024 et 2025, divisez par trois, comparez au seuil. Tant que cette moyenne reste sous la barre, vous êtes au micro-BA de plein droit, même si une année isolée dépasse largement 129 200 €.

Les sociétés. Les sociétés agricoles créées depuis 1997, comme les SCEA et les EARL à plusieurs associés, relèvent obligatoirement d'un régime réel, quel que soit leur chiffre d'affaires. Deux exceptions : l'EARL dont l'associé unique est une personne physique qui dirige l'exploitation, et le GAEC, qui bénéficie de la transparence fiscale. La transparence GAEC consiste à multiplier le seuil par le nombre d'associés : le régime s'apprécie sur les recettes globales du groupement, puis s'applique à la part de chacun.

Les GAEC. La limite du micro-BA d'un GAEC est égale au seuil individuel multiplié par le nombre d'associés, tant que la moyenne des recettes du groupement ne dépasse pas 517 000 €, montant fixé pour les années 2026 à 2028 en application de l'article 71 du CGI. Au-delà, chaque associé ne compte plus que pour 60 % du seuil individuel. En pratique, la multiplication à 100 % joue jusqu'à quatre associés, soit 516 800 €. À partir de cinq associés, la règle des 60 % s'applique systématiquement.

SituationLimite micro-BA 2026
Exploitant individuel129 200 €
GAEC à 2 associés (transparence à 100 %)258 400 €
GAEC à 3 associés (transparence à 100 %)387 600 €
GAEC à 4 associés (transparence à 100 %)516 800 €
GAEC à 5 associés (règle des 60 %)387 600 €

Les débuts d'activité. La moyenne triennale suppose trois années d'existence, et les deux calculs ne se traitent pas de la même façon au démarrage. Pour le seuil, les années sans activité comptent pour des recettes nulles : le micro-BA s'applique de plein droit l'année de création, puis la moyenne reste divisée par trois. Pour le bénéfice imposable, l'année de création se calcule sur les recettes de cette seule année, et la deuxième sur la moyenne des deux premières. La moyenne triennale complète ne joue qu'à partir de la troisième année. Un porteur de projet démarre donc au micro-BA sans condition d'historique, sauf option volontaire pour le réel. L'année de création retenue est celle du début d'activité agricole, même si aucune recette n'est encaissée cette année-là : une installation à l'automne, avec des premières ventes au printemps suivant, compte déjà comme une année.

Le cumul d'activités. Le micro-BA ne couvre que les bénéfices agricoles : la production et la vente des produits de votre exploitation. Une activité commerciale ou artisanale distincte, comme la revente de produits achetés à d'autres fermes ou des prestations à façon, relève d'une autre catégorie d'imposition, avec ses propres seuils. Mélanger les deux dans le même livre de recettes fausse la moyenne triennale et fragilise le régime en cas de contrôle.

Le seuil de 129 200 € et la moyenne triennale

Le seuil du micro-BA est actualisé tous les trois ans. Pour les années 2026, 2027 et 2028, le barème officiel publié au BOFiP fixe les limites suivantes, appréciées sur la moyenne des recettes hors taxes de trois années consécutives :

RégimeMoyenne triennale des recettes HT
Micro-BAjusqu'à 129 200 €
Réel simplifiéde 129 200 € à 421 000 €
Réel normalau-delà de 421 000 €

Le plafond était de 120 000 € pour 2024 et 2025. Le relèvement à 129 200 € redonne un peu de marge aux exploitations qui s'approchaient de la sortie du régime.

Quelles recettes compter

La question décisive n'est pas « combien ai-je facturé » mais « combien ai-je encaissé ». Le micro-BA retient les recettes encaissées dans le cadre de l'exploitation au cours de l'année civile, hors taxes, auxquelles s'ajoute la valeur des produits prélevés dans l'exploitation et remis à vos salariés, ou au propriétaire en paiement du fermage. Ce que vous consommez vous-même n'entre pas dans le calcul. Une facture émise en décembre et payée en janvier compte pour l'année du paiement.

Certaines sommes sont exclues du calcul :

  • le produit de la vente d'immobilisations : un tracteur ou une serre revendus ne sont pas des recettes d'exploitation ;
  • les remboursements de charges dans le cadre de l'entraide agricole ;
  • les subventions et primes d'équipement ;
  • les indemnités compensatoires de handicap naturel.

À l'inverse, les aides et subventions de fonctionnement encaissées entrent dans les recettes. En vente directe, l'essentiel est ailleurs : chaque paiement de marché, de panier ou de boutique compte à la date où il est encaissé, ce qui suppose un suivi des encaissements fiable toute l'année.

La moyenne se recalcule chaque année

La moyenne triennale est glissante : chaque année, la plus ancienne des trois années sort du calcul et la dernière y entre. Une très bonne année ne vous fait donc pas sortir du régime immédiatement ; elle pèse un tiers de la moyenne pendant trois ans. C'est un amortisseur précieux pour des productions dont les recettes varient fortement d'une saison à l'autre.

Ce mécanisme a une conséquence pratique : votre position par rapport au seuil se pilote en cours d'année. Si votre moyenne glissante approche 129 200 €, vous savez dès l'été si l'encaissement d'une grosse commande en décembre plutôt qu'en janvier change votre situation de l'année. Ce n'est ni de l'optimisation agressive ni un montage : la date d'encaissement est le critère légal du régime, et la connaître vous évite simplement de franchir un seuil par accident de calendrier.

Un calculateur de moyenne triennale au format tableur accompagne cet article : vous y saisissez vos recettes encaissées des dernières années, il calcule votre moyenne, vous situe par rapport au seuil de 129 200 €, estime votre bénéfice imposable, traite le cas particulier des débuts d'activité et vous indique ce que vous pouvez encore encaisser cette année sans sortir du régime l'an prochain.

→ Télécharger le calculateur de moyenne triennale (.xlsx)

Le calcul du bénéfice imposable, pas à pas

Le bénéfice imposable au micro-BA est égal à la moyenne des recettes hors taxes de l'année d'imposition et des deux années précédentes, diminuée d'un abattement de 87 %. L'abattement ne peut pas être inférieur à 305 €. Autrement dit, votre bénéfice agricole imposable représente 13 % de votre moyenne triennale de recettes.

Attention à une subtilité que beaucoup de pages ignorent : il existe deux moyennes triennales distinctes. L'éligibilité au régime s'apprécie sur les trois années précédant l'année d'imposition. Le bénéfice imposable, lui, se calcule sur l'année d'imposition et les deux précédentes. Pour vos revenus 2026, le droit au micro-BA dépend de 2023-2025, mais l'impôt se calcule sur la moyenne 2024-2026.

Le calcul se déroule en quatre étapes :

  1. Additionnez les recettes encaissées hors taxes de l'année d'imposition et des deux années précédentes, selon les règles vues plus haut.
  2. Divisez par trois pour obtenir la moyenne triennale.
  3. Appliquez l'abattement de 87 % : le bénéfice imposable est égal à 13 % de la moyenne, l'abattement ne pouvant être inférieur à 305 €.
  4. Reportez ce résultat dans votre déclaration : il s'ajoute aux autres revenus du foyer et il est soumis au barème progressif de l'impôt sur le revenu.

Exemple 1 : une maraîchère en paniers et marchés

Recettes encaissées hors taxes : 46 000 € en 2024, 54 500 € en 2025, 61 000 € en 2026.

ÉtapeCalculRésultat
Total des trois années46 000 + 54 500 + 61 000161 500 €
Moyenne triennale161 500 ÷ 353 833 €
Abattement de 87 %53 833 × 0,8746 835 €
Bénéfice imposable53 833 × 0,136 998 €

Ce bénéfice de 6 998 € s'ajoute aux autres revenus du foyer fiscal pour le calcul de l'impôt 2026. La progression des recettes ne se répercute que partiellement : l'année 2026 à 61 000 € ne pèse qu'un tiers de la moyenne.

Bon à savoir

L'abattement de 87 % est réputé couvrir toutes les charges de l'exploitation, amortissements compris. Les plus-values professionnelles font exception : la revente d'un matériel ou d'un bâtiment relève des règles des plus-values professionnelles du régime réel, avec leurs exonérations propres sous conditions de recettes et de durée d'activité.

Exemple 2 : un début d'activité

Un maraîcher s'installe en mars 2026 et encaisse 18 000 € la première année. Son bénéfice imposable 2026 se calcule sur cette seule année : 18 000 × 0,13 = 2 340 €. En 2027, avec 39 000 € encaissés, la base devient la moyenne des deux années : (18 000 + 39 000) ÷ 2 = 28 500 €, soit un bénéfice imposable de 3 705 €. La moyenne triennale complète ne s'applique qu'à partir de 2028.

Ce mécanisme évite qu'une première année partielle fausse le calcul pendant trois ans, mais il a un revers : les recettes faibles du démarrage tirent la moyenne vers le bas, y compris les années suivantes où la trésorerie est déjà meilleure que la base imposée.

Obligations comptables et déclaratives

Le micro-BA réduit les obligations à trois gestes.

Tenir le détail journalier des recettes. L'article 64 bis impose un document donnant le détail journalier des recettes professionnelles, appuyé des factures et de toute pièce justificative. Concrètement : un livre des recettes encaissées, tenu au jour le jour, avec la date, le montant, le mode de règlement et l'origine de chaque encaissement. Nous avons détaillé sa tenue, ses mentions et ses pièges dans notre guide du livre de recettes obligatoire au micro-BA.

Conserver les factures. Les factures émises et reçues se gardent, comme les relevés justifiant les encaissements. En cas de contrôle, c'est la cohérence entre le livre de recettes et les pièces qui est vérifiée.

Déclarer une fois par an. Sur la déclaration complémentaire 2042-C-PRO, vous reportez vos recettes de l'année et des deux années précédentes, ainsi que vos éventuelles plus-values ou moins-values. L'administration calcule elle-même la moyenne et l'abattement : vous ne déclarez pas un bénéfice, vous déclarez des recettes.

C'est tout : pas de bilan, pas de liasse, pas d'expert-comptable obligatoire. Le point de vigilance se déplace vers la qualité du suivi des encaissements. Un livre de recettes reconstitué en avril à partir de tickets et de souvenirs est le premier motif de redressement au micro-BA, et c'est précisément le travail qu'un outil de gestion des commandes et des paiements automatise au fil de l'eau.

Micro-BA, TVA et facturation : trois sujets distincts

Le micro-BA est souvent confondu avec une dispense générale d'obligations. C'est faux, et la confusion coûte cher.

La TVA d'abord. Le micro-BA ne concerne que l'imposition du bénéfice. La TVA agricole obéit à ses propres règles : selon vos recettes, vous relevez du remboursement forfaitaire agricole ou du régime simplifié de la TVA agricole, et un exploitant au micro-BA peut parfaitement être redevable de la TVA. Être « au micro » sur le bénéfice ne dit rien de votre situation TVA : les deux questions se traitent séparément.

La facturation ensuite. Le micro-BA ne dispense d'aucune règle de facturation. Une vente à un professionnel, restaurateur, épicerie ou magasin de producteurs, exige une facture conforme, avec toutes ses mentions obligatoires. Et le calendrier de la facturation électronique s'applique aux exploitants agricoles quel que soit leur régime d'imposition : nous avons détaillé qui est concerné et à quelles échéances dans notre article sur le micro-BA face à la facture électronique.

Le livre de recettes enfin. Il reste dû dans tous les cas, y compris les années sans contrôle et les années déficitaires en trésorerie. C'est la seule pièce qui prouve votre moyenne triennale, donc votre droit au régime lui-même.

Cotisations MSA

Le micro-BA ne sert pas qu'à l'impôt : il détermine aussi l'assiette de vos cotisations sociales. La MSA applique le même abattement de 87 % sur vos recettes pour calculer la base de vos cotisations : votre assiette sociale correspond donc, elle aussi, à 13 % de votre moyenne triennale de recettes.

Deux conséquences à connaître. D'abord, des cotisations minimales restent dues même quand le bénéfice forfaitaire est très faible : la protection sociale d'un chef d'exploitation a un plancher. Ensuite, en début d'activité, la MSA appelle des cotisations sur une assiette provisoire, régularisées quand vos recettes réelles sont connues. Le détail des taux, des cotisations minimales et du calendrier d'appel fait l'objet de notre article dédié aux cotisations MSA au micro-BA.

Dépassement de seuil

Dépasser 129 200 € une année ne vous fait pas sortir du micro-BA : c'est la moyenne triennale qui compte. La sortie du régime obéit à une règle simple : lorsque la moyenne des recettes de trois années consécutives dépasse le seuil, le régime réel s'applique à compter de la première année qui suit cette période triennale.

Exemple 3 : la sortie du régime

Recettes encaissées : 112 000 € en 2023, 128 000 € en 2024, 149 000 € en 2025.

AnnéeRecettes HTMoyenne triennale
2023112 000 €sous le seuil
2024128 000 €sous le seuil
2025149 000 €129 667 €

La moyenne 2023-2025 atteint 129 667 €, au-dessus des 129 200 €. Cet exploitant relève donc du régime réel simplifié à compter du 1er janvier 2026. Ses revenus 2025 restent imposés au micro-BA : la bascule n'est jamais rétroactive.

La sortie du régime se voit donc venir : dès que votre moyenne glissante s'approche du seuil, vous connaissez l'échéance avec un à deux ans d'avance. C'est le bon moment pour préparer la comptabilité d'engagement du réel, choisir un accompagnement comptable et arbitrer les investissements.

Attention

Le passage au réel ne se subit pas toujours, il se choisit parfois. Vous pouvez opter volontairement pour le régime réel même sous le seuil, notamment quand vos charges réelles dépassent 87 % de vos recettes, quand vous investissez lourdement ou quand vous anticipez des déficits imputables sur le revenu global. L'option engage et se renouvelle : chiffrez avant de signer.

Micro-BA ou réel : ce que change chaque régime

Le choix entre micro-BA et réel ne se résume pas au montant de l'impôt : il engage la charge administrative, la capacité à déduire les charges et la lisibilité de vos chiffres.

Micro-BARéel simplifié
RecettesMoyenne triennale jusqu'à 129 200 €De 129 200 € à 421 000 €, ou sur option
Bénéfice imposable13 % de la moyenne triennale des recettesRecettes moins charges réelles
Charges et amortissementsCouverts par l'abattement de 87 %Déduits pour leur montant réel
DéficitImpossibleImputable, reportable
ComptabilitéDétail journalier des recettes et facturesComptabilité d'engagement, bilan, liasse
DéclarationRecettes sur la 2042-C-PROLiasse fiscale et annexes

La règle de décision tient en une ligne : si vos charges réelles sont durablement supérieures à 87 % de vos recettes, le réel mérite un chiffrage sérieux ; sinon, le micro-BA gagne presque toujours une fois la charge administrative prise en compte. Nous avons publié un comparatif chiffré micro-BA ou réel qui déroule le calcul complet sur des cas types de fermes en vente directe.

Un dernier réflexe, quel que soit le régime : suivre ses encaissements toute l'année. Au micro-BA, c'est votre seule obligation comptable et la matière première de votre moyenne triennale ; au réel, c'est la base de votre trésorerie. Un logiciel qui enregistre commandes, paiements et recettes au fil de la saison transforme la déclaration d'avril en formalité de dix minutes.

Questions fréquentes

Le seuil est fixé à 129 200 € de recettes moyennes hors taxes, appréciées sur les trois années précédentes. Il s'applique aux années 2026 à 2028. Au-delà et jusqu'à 421 000 €, l'exploitant relève du régime réel simplifié.

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